Coquille 

Avril 2016,

,céramique, grès, colorants, émail, fauteuil gonflable

117 x 104 x 90 cm

+ aloé véra?

Mai 2016,

grés coloré dans la masse, différents émaux

70 x 42 x 20 cm

Interjection qui exprime l’impatience. Exprimée telle une Tabula Rasa, face aux ordres établis, aux images persistantes.
 

« En ce moment, une phase sévère de conchyliomanie l’attaque. F voit la coquille partout, elle donne corps à l’espace. Du manche de sa fourchette au coche d’une porte, à l’entrée d’une église. F a toujours été fasciné par les bénitiers. Le motif se retrouve aussi dans les coquilles Saint-Jacques que récupèrent sa mère, par tradition, et sa sœur, pour en faire des cendriers ou des portes-savon.»

« Dialectiquement, le coquillage est [...] associé à l’élément essentiel de la sensibilité rocaille : l’eau, dont les jeux de cascade, les ondoiements, l’éclat, les tourbillons, les ruissellements viennent se briser, rebondir sur les surfaces rugueuses des coquilles, ou au contraire les épouser, les lustrer. Doubles pôles d’un imaginaire dont les jeux semblent inépuisables et qui sont un thème de fascination infini – comme si la substance même d’un solide, l’éclat, la transparence et la dureté d’une coquille n’étaient que l’effet paradoxal de vapeurs aériennes, de mousses, d’arômes liquides, une fluidité figée, un état transitoire entre deux moments de mutation d’une matière toujours en mouvement [...]66. » Il y a dans la coquille une matérialité paradoxale, qui est aussi celle de la céramique.

66 Patrick Mauriès, op. cit., p. 40-41.

Extraîts d'ANTIOXYDANTS, Lisa Pélisson,  Mémoire DNSEP, Art Objet 2016